C'est la peur qui bloque le plus de refontes, et elle est fondée : un site refait sans précaution peut perdre l'essentiel de ses visites en quelques semaines. Ce qui est rassurant, c'est que la cause est presque toujours la même, et qu'elle se règle avant la mise en ligne, pas après.
Ce qui fait vraiment chuter le trafic
Ce n'est ni le nouveau design, ni la nouvelle plateforme. Ce sont les adresses qui changent sans que personne ne s'en occupe.
Votre ancien site avait des pages qui apparaissaient dans Google. Chacune vivait à une adresse précise, du genre `votre-site.fr/nos-realisations`. Google connaît ces adresses, d'autres sites y renvoient peut-être, et vos clients les ont en favori.
Le nouveau site range les choses autrement. La page existe toujours, mais elle s'appelle maintenant `votre-site.fr/realisations`. Pour un visiteur qui arrive par l'ancien lien, c'est une page d'erreur. Pour Google, c'est une page qui a disparu, et il finit par la retirer de ses résultats.
Multipliez par vingt pages et vous avez la chute.
La redirection, et rien d'autre
La parade tient en un mot : la redirection permanente. On dit au serveur que l'ancienne adresse est devenue la nouvelle, définitivement. Le visiteur ne voit rien, il arrive au bon endroit. Google comprend le déménagement et reporte sur la nouvelle page ce que l'ancienne avait accumulé.
En pratique, avant toute mise en ligne :
1. Lister les adresses de l'ancien site. Toutes. Un plan du site, l'export de la Search Console si vous l'avez, ou un outil qui parcourt le site. 2. Faire correspondre chaque ancienne adresse à une nouvelle. Une par une. Quand la page n'existe plus, on choisit la plus proche par le sujet, jamais l'accueil par défaut : rediriger tout le monde vers l'accueil revient à ne rien rediriger. 3. Poser les redirections avant de basculer, pas la semaine suivante. 4. Vérifier après la bascule que chaque ancienne adresse mène bien quelque part.
Cette liste est fastidieuse et c'est tout. Il n'y a rien de technique là-dedans, seulement de la méthode, et c'est pour ça que c'est si souvent sauté.
Ce qu'il ne faut pas perdre non plus
Le contenu compte autant que les adresses.
- Gardez les textes. Une page qui remonte bien remonte souvent grâce à des mots que vous trouvez trop longs ou trop terre à terre. Une refonte qui « allège » les textes ampute exactement ce qui faisait venir les gens. Réécrivez pour mieux dire, pas pour dire moins.
- Gardez les titres. Si une page s'appelle « Dépannage plomberie à Mérignac » et qu'elle remonte, ne la rebaptisez pas « Nos services ».
- Gardez vos pages qui marchent. Regardez d'abord lesquelles amènent des visiteurs. Ce ne sont pas toujours celles qu'on croit, et c'est souvent une page qu'on avait envie de supprimer.
Les trois autres pièges
Le site de test laissé ouvert. Pendant la fabrication, le nouveau site vit quelque part. S'il est visible de Google, vous vous retrouvez avec deux sites identiques, et c'est parfois le mauvais qui reste. Il doit être fermé aux moteurs pendant les travaux, et rouvert au moment de la bascule. L'oubli inverse existe aussi, et il est pire : un site mis en ligne en restant fermé aux moteurs disparaît complètement.
Le changement de nom de domaine. Changer de dessin et changer d'adresse en même temps, ce sont deux déménagements simultanés. Si vous devez faire les deux, faites-les l'un après l'autre.
L'absence de point de comparaison. Sans relevé d'avant, vous ne saurez pas si vous avez perdu quelque chose. Notez vos chiffres la veille de la bascule.
Combien de temps ça bouge
Comptez deux à six semaines de flottement, même quand tout est bien fait : Google doit repasser sur chaque page. Une variation pendant cette période n'est pas un échec. Ce qui doit alerter, c'est une chute qui ne remonte pas au bout de deux mois, et là il faut aller regarder les redirections.
Si votre site actuel vous freine
Un site qu'on ne peut pas modifier soi-même, illisible sur téléphone, ou qui date d'une époque où vous ne faisiez pas le même métier : ce sont trois bonnes raisons de le refaire, et aucune ne justifie de perdre ce qu'il a construit.
Décrivez ce que vous avez aujourd'hui et on vous dit ce qui se garde, ce qui se redirige et ce qui se refait. Réponse écrite sous 48 heures ouvrées.