La question se pose sérieusement, et la réponse automatique « il vous faut un site » est un peu courte. Beaucoup d'artisans travaillent depuis dix ans avec une page Facebook, un téléphone et le bouche-à-oreille, et ça marche.
Alors regardons ce que chacun fait bien.
Ce que la page Facebook fait mieux qu'un site
Il faut le dire, parce que c'est vrai :
- Publier est immédiat. Une photo de chantier depuis le téléphone, en dix secondes, sans passer par personne.
- La diffusion est intégrée. Vos abonnés voient la publication, la partagent, commentent. Un site ne fait rien de tout ça tout seul.
- La preuve sociale est visible. Des avis, des commentaires, des gens qui répondent. C'est rassurant, et c'est gratuit.
- Le coût d'entrée est nul.
Si votre activité vit de votre quartier et de vos clients existants, ce dispositif est loin d'être ridicule.
Les deux choses qu'elle ne fait pas
Elle n'est presque pas trouvable par quelqu'un qui vous cherche sans vous connaître.
C'est le point décisif. Quand une personne a une fuite d'eau, elle ne va pas sur Facebook. Elle tape « plombier » et le nom de sa ville dans Google. Les pages Facebook remontent mal sur ces recherches, parce qu'elles ne sont pas faites pour ça : Facebook veut garder les gens chez lui, pas les envoyer vers vous depuis un moteur de recherche.
Résultat : votre page sert admirablement les gens qui vous connaissent déjà, et n'atteint presque jamais ceux qui vous cherchent. Or ce sont ces derniers qui font grandir une activité.
Elle ne vous appartient pas.
Votre page est hébergée chez quelqu'un d'autre, qui décide seul de ses règles, de ce qui s'affiche, et de qui voit vos publications. La portée d'une publication a fondu au fil des années sans que personne ne vous prévienne. Un compte peut être restreint ou suspendu, parfois par erreur, et il n'y a pas de service client à appeler. Le jour où ça arrive, dix ans de photos et de messages partent avec.
Un site que vous payez ne vous met pas à l'abri de tout, mais personne ne peut décider du jour au lendemain que vos clients ne vous verront plus.
La bonne question n'est pas « l'un ou l'autre »
Les deux ne font pas le même travail. Le site est votre adresse : il se trouve dans un moteur de recherche, il dit qui vous êtes, ce que vous faites, où et à quel prix, et il permet de vous joindre. Les réseaux sont votre vitrine vivante : ils montrent que vous travaillez, en ce moment.
Le montage qui marche est simple : le site est la maison, les réseaux mènent à la maison. Vous continuez de publier vos chantiers, et le lien vers le site est dans la bio.
Trois signes qu'il vous faut un site maintenant
- On vous demande souvent la même chose au téléphone. Vos horaires, votre zone, si vous faites tel type de travaux, si vous êtes assuré. Chacune de ces questions est une page à écrire une fois.
- Vous voulez sortir du bouche-à-oreille. Le bouche-à-oreille a un plafond, et il est géographique. La recherche locale, non.
- Vous vendez de la confiance avant de vendre un service. Praticiens, métiers du soin, artisans qui interviennent chez les gens : là, une page avec un vrai texte, des vraies photos et un numéro visible n'est pas du confort.
Et si vous n'avez ni l'un ni l'autre
Commencez par le plus rentable des deux, et ce n'est ni un site ni Facebook : c'est votre fiche Google, celle qui s'affiche à droite quand on cherche votre nom, avec l'adresse, les horaires et les avis. Elle est gratuite, elle se remplit en une heure, et pour un métier local elle amène souvent plus d'appels que tout le reste. Un site vient ensuite, et les deux se renforcent.
Décrivez votre situation et on vous dit franchement par quoi commencer, même si la réponse est « pas tout de suite ». Réponse écrite sous 48 heures ouvrées, gratuite et sans engagement.